COMMUNIQUE DE SQUATTEUREUSES DE NANCY


Après 2 expulsions des plus douteuses la semaine dermière, la mairie s'en prend maintenant au 3, rue de Mulhouse ("MAISON OCCUPÉE, MAISON ENCHANTÉE"). Cette maison était habitée depuis plus de 2 ans par une dizaine de personnes (dont un certain nombre de polonais en situation irrégulière) et n'avait depuis son ouverture quasiment jamais été inquiété par la flicaille ou par les huissiers.Le propriétaire (aujourd'hui décédé), bien connu sur Nancy pour détenir à lui seul plus d'une centaine de logements, n'a jamais donné le moindre signe de vie. Avant-hier matin donc, prétextant une suspission de trafic de stupéfiants, plus d'une bonne vingtaine de flics envahissent la maison, sortent de leur lit plusieurs personnes sans même leur laisser le temps d'enfiler un pantalon, retournent tout le squat en prenant bien soin de casser , déteriorer plein d'effets personnels, détruisent le système électrique (alors que les habitantEs étaient en régularité avec EDF), embarquent 11 personnes et envoyent tous les chiens à la SPA (une chienne s'est d'ailleurs pris un coup de matraque électrique pour avoir tenté de protéger ses petits. Tout cela sans que personne ne puissent réagir. Puis comme par hasard, des personnes de la mairie débarquent et nous annoncent qu'ils viendront murer la maison l'après-midi sur décision de la veuve de l'ancien proprio. Ben voyons... Sur les 11 personnes interpellées, 9 seront relachées au compte-goutte sur les dernières 48 heures. Les 2 restantes doivent passer au tribunal aujourd'hui pour la détention ENORMISSIME de 12g. de shit pour 2 personnes. Et dire que les flics se voyaient déjà démanteler une mafia polonaise sur Nancy ! Bref... nous sommes au moins rassurés de voir que les personnes interpellées ne risquent pas l'expulsion immédiate (certains risquent la prison dans leur pays).

Hier matin, les affaires ne trainent pas comme on pouvait s'en douter et l'huissier débarque pour nous signifier que nous sommes convoqués dès l'après-midi au tribunal des référés. Nous n'avons évidemment que très peu de temps pour organiser une défense et à vrai dire on comptait surtout sur un report du procès. C'était sans compter sur la pression de la municipalité et sur l'avocate de la proprio qui aura tout fait pour que nous n'ayons aucun délai. Elle essayeramême de nous faire expulser une heure après le rendu du verdict. Elle tente de nous mettre sur le dos: voie de fait, trouble à l'ordre public, désordre et déterioration de la maison (que nous défuteront facilement. En tout cas pas de report accepté, on veut se débarrasser des squatteureusEs et vite !

Bref toutes ces tuiles ne sont pas le fruit du hasard. Cela s'inscrit dans la politique de répression engagée par la ville à l'encontre des squatts et des personnes en situation irrégulière. Il parait évident qu'ils ont fait pression sur la proprio pour qu'elle accepte enfin de porter plainte contre les méchantEs squatteureusEs "trafiquantEs et étrangèrEs" de surcroit qui n'ont pourtant pas l'air de l'avoir dérangé plus que ça pendant ces 2 années d'occupation. Utiliser les médias pour tenter d'enrailler la campagne de désinformation a également été vain, car une fois de plus la mairie a été plus rapide que nous et presque tous sont restés comme par hasard sourds à nos appels.

Bref même si le moral est un peu meilleur à l'heure actuelle, car nos amiEs sont presque tous/tes libres, il en reste que nous sommes effondrés par tout ce que nous avons subit ces dernières 48h. Beaucoup de peur, beaucoup de pression, très peu de soutien (pas beaucoup de temps pour l'organiser), peu de temps pour résister. Notre maison est dévastée, la joie de vivre qui y régnait a été réduite en miettes par tout ceux qui ont tout fait pour décourager des initiatives de vie différente comme celle-ci.

reste la colère !


Nous pensons à l'heure actuelle avant tout à ceux qui sont au poste et qui risquent encore l'expulsion !

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