Les conditions carcérales
à Callao.
La prison de Callao fut construite
en Mars 1993 par la dictature Fugimori et c'est le meilleur exemple de
leur inhumanité et de leur mépris de la vie humaine ? Elle
est située à l'intérieur même de la base navale
de Callao à Lima.
Cette prison, décrite comme une prison-tombe, fut construite dans
le but de détruire physiquement et psychologiquement nos prisonniers.
Cela est également supposé affecter tous les hommes et toutes
les femmes, en les mettant en garde sur les conséquences qu'entrainerait
tout soulèvement contre la politique néo-libérale
de la dictature Fugimori.
La construction de cette prison fait
partie intégrant d'un plan développé par l'armée
et les services secrets. Son objectif est d'empêcher par la peur,
le développement d'une conscience révolutionnaire au Pérou,
cela fut accompagné d'une série de mesures de contrôles
et de répression qu'ils nommèrent "la campagne psycho-sociale".
Cette prison-tombe est constituée
de cellules renforcées (faites de ciment, de fer) situées
8 mètres sous terre. Ceci sert à leur destruction : l'isolation
physique, l'isolation acoustique, l'isolation visuelle, l'obscurité,
l'étroitesse, l'observation et le contrôle permanent. La
prison est équipée de capteurs sonores et de détecteurs
de mouvement, de systèmes d'alarme, de mines dans les caves et
les espaces restreints, et des caméras vidéos filmant en
permanence. Les caméras sont contrôlées depuis un
poste central de surveillance, et les gardes postés sur les miradors
autour de la prison sont munis de fusil d'assaut longue distance FAL.
Les cellules.
Les cellules sont rectangulaires,
et font 3m x 2m. Le long d'un des murs, il y a une porte métallique
renforcée qui est fermée à double tour et ne peut
pas être ouverte par les gardes, seuls les officiers militaires
sont en possession des clés.
Il y aune petite fenêtre rectangulaire
dans le milieu de la porte qui sert à éviter tout contact
avec d'autres prisonniers ou même avec les gardes.
Chaque cellule possède des
latrines et des toilettes, mais l'alimentation en eau est contrôlée
depuis l'extérieur et n'est autorisée qu'à certains
moments. Les cellules ne bénéficient pas de lumière
artificielle, de sorte qu'il y règne un état perpétuel
de semi-obscurité.
Au dessus de chaque porte de cellule,
à deux mètres de hauteur environ, une fente de 15 cm de
long est ouverte chaque jour durant quelques minutes pour permettre à
la lumière du jour de renter.
Les cellules sont arrangées
de manière à être l'une en face de l'autre, séparées
par un petit couloir. Encore une fois, les 8 cellules sont situées
8m sous terre.
Lorsque nos camarades ont été
transportés dans cette prison-tombe, ils ont été
drogués avec des sédatifs afin qu'ils perdent toute notion
du temps et qu'ils ne puissent pas localiser exactement la prison. Chaque
prisonnier fut soumis à une année d'isolement total, sans
visites ni promenades dans la cour.
30 minutes par
jour dans la cour.
Après un an d'isolement total,
les prisonniers sont autorisés à sortir dans la cour durant
30 minutes chaque jour. Ces pauses s'effectuent seules, de manière
à éviter tout contact entre prisonniers. Les détenus
peuvent profiter de cette période pour tourner en rond dans une
minuscule cour, lire la bible (que les gardes leur remettent), ou regarder
des vidéos autorisées dans une pièce avec une télé
dirigée depuis les tours.
Possibilités
de recevoir du courrier et des informations.
Toutes les lettres, celles écrites
par nos camarades comme celles qu'ils reçoivent, sont lues par
les agents des services secrets, qui décident quelles lettres peuvent
être reçues ou envoyées. Il n'y a aucun droit à
l'intimité ni aucune garantie de confidencialité.
Il n'y a aucun accès aux livres,
ou aux magazines, et ils ne peuvent pas regarder la T.V. ni écouter
la radio.
Visites.
Les heures des visites durent au total
30 minutes par mois. Seuls, les membres directs de leur famille sont autorisés
à leur rendre visite.Aucun contact physique n'est permis durant
ces visites, et toutes les conversations se déroulent derrière
un double vitrage via un système de micros, et la présence
du personnel de sécurité. Toutes les conversations sont
enregistrées et analysées ultérieurement.
Les membres des familles qui rendent
visite à nos camarades ne peuvent pas leur amener de vêtements
ou de nourriture. Ceci ne peut leur être donné que via les
militaires, qui fouillent minutieusement les biens, et décident
ensuite s'ils peuvent ou non être donnés aux prisonniers.
Les membres des familles autorisés
aux visites sont transportés au centre des visites dans des véhicules
hermétiquement clos afin qu'ils ne puissent pas discerner l'endroit
exact où ont lieu les visites.
Tentative pour un "accord
de paix" forcé.
Après avoir détenu nos camarades dans l'isolement
complet, le gouvernement, grâce à sa "campagne psycho-sociale"
et son porte-parole Vladimiro Montesinos, tenta de les piéger
en leur promettant d'améliorer leur conditions de détention
s'ils signaient un "accord de paix". Ceci signifie dialoguer
avec la dictature et abandonner la lutte armée. Cette offre, faite
personnellement par Montesinos à notre camarde Victor Polay Campos,
fut rejetée immédiatement. Cette décision rendit
furieux le représentant du gouvernement, qui menaça alors
de tuer notre camarade. Tous les camarades emprisonnés à
Callao ont rejeté l'offre de la dictature. La dictature a répliqué
par une déterioration des conditions de détention, en rendant
le réglement encore plus strict.
Ceux qui ont accepté les conditions
du gouvernement, ont cependant reçu certaines améliorations
dans leurs conditions de détention.
2. La prison de
haute sécurité de Yanamayo.
Cette installation fut construite
en 1990 àPuno, la province la plus au sud. Elle se situe dans la
cordillère des Andes, à une hauteur de 3800m. Le climat
est très froid, et même en été, la température
ne dépasse pas les 15 degrés. Le reste de l'année,
il fait -10 degrés. Le complexe fut bâti au milieu des Andes
sur un plateau isolé et élevé. Le complexe fait à
peu près 10000 m2 de surface. A l'extérieur, il est gardé
par un groupe de 100 hommes des troupes d'élite de l'armée.
Les soldats sont placés derrière des tranchées, et
ils patrouillent dans le périmètre à bord de véhicules
blindés, ainsi qu'en camion, en jeeps, ou avec deux hélicoptères,
et il y a même un champ de mines, Un groupe de 300 policiers d'élite
s'occupe de la sécurité àl'intérieur de la
prison.
Cette prison est faite de béton
et se répartie en plusieurs pavillons, chacun avec sa propre cour.
Les camarades du M.R.T.A. sont détenus au pavillon 4A.
Les cellules font 3m x 3; et abritent
chacune deux personnes. Il y a des équipements sanitaires, mais
il est interdit d'utiliser la radio ou la T.V. Il est interdit de cuisiner.
Les fenêtres n'ont pas de vitres, et par conséquent, nos
camarades ont des problèmes de santé à cause des
vents forts et froids. Beaucoup souffrent actuellement de maladies respiratoires,
Suite à un réglement émis par la dictature, tous
les prisonniers amenés à cette prison doivent passer une
année entière dans l'isolement le plus complet. Après
cette période, on leur accorde 30 minutes par jour dans la cour.
En d'autres termes, les détenus restent dans leur cellule 23h30
sur 24. Tous les magazines et les journaux sont interdits, seuls sont
autorisés les livres, préalablement censurés par
les autorités, Les livres apportés par les familles à
nos camarades ne restent pas en leur possession, ils sont stokés
dans la bibliothèque.
Dans les cellules, il est possible
de travailler, mais sans outils, car ceux-ci sont interdits.
Les gardes sont autorisés à
punir nos camarades à volonté, parfois en les forçant
à rester 48h dans une cellule obscure de 2m x 1m. Ou ils suppriment
les visites ou la promenade.
Pour la nourriture, la prison alloue
seulement 60 centavos (100 = 1dollar) par jour et par prisonnier, et la
qualité de la nourriture est très mauvaise. Nous savons
que de nombreux prisonniers ont perdu du poids ou contracté des
troubles digestifs ou la tuberculose. Les familles sont autorisées
à amener de la nourriture lors des visites, mais la difficulté
du trajet pour se rendre àcette prison rend presque impossible
tout transport de nourriture. De plus, certaines familles ne peuvent se
rendre à la prison que deux fois dans l'année, le voyage
étant trop cher.
Les visites ne sona accordées
qu'aux membres directs de la famille qui ont demandé et obtenu
les papiers de visites. Aucun contact physique n'est permis durant les
visites, mais les personnes peuvent se parler. Les camarades sont derrière
deux couches de barreaux, et des gardes sont toujours présents
lors des visites.
3. La prison
de haute sécurité Castro Castro
Cette prison est située
dans la banlieue de Lima, et elle fut construite pour servir de complexe
à haute sécurité, jusqu'à ce que qu'en 1990,
un commando du M.R.T.A. libère nos camarades grâce à
un tunnel long de 315m. Sous la dictature Fujimori, la sécurité
extérieure de la prison fut renforçée par des soldats.
La police nationale contrôle l'intérieur. La plupart des
gardes sont masqués de manière à ne pas être
identifiés. De nombreux problèmes surviennent à cause
de la surpopulation, puisque trois prisonniers doivent partager une cellule
de 6 x 2m durant 23h 30. La situation empire du fait que tous les trois
partagent les mêmes équipements sanitaires dans la cellule.
De nombreuses maladies sont attribuées
à ces mauvaises conditions. Nos camarades ne reçoivent aucun
traitement médical, et la distribution de nourriture est sévèrement
contrôlée. Les proches peuvent apporter des plats pré-cuisinés
à consommer rapidement, mais les fruits sont interdits.
Dans cette prison, comme dans les
autres, une pièce sert aux procés expéditifs. Les
prisonniers y sont présentés encagoulés, et sont
souvent maltraités ou torturés.
4. La prison
de haute sécurité Chor-Rillos.
Cette prison se situe dans le centre
de Lima. C'est une prison pour femmes accusées de crimes terroristes.
Il y a des gardes femmes, mais le détachement de sécurité
qui a en charge la plupart des fonctions comprend uniquement des hommes.
C'est la plus grosse différence avec les autres prisons, parce
que la réalité de la répression qui règne
ici est exactement la même qu'ailleurs. L'installation est composée
de trois pavillons, hautes de trois étages. Les cellules sont alignées
les une contre les autres. Une miniscule fenêtre au bout du couloir
donne sur la cour. Les cellules font 3m x 2m. Elles ont deux planches
de bois d'un côté, un trou et des toilettes de l'autre. "Les
prisonnières ne sont pas autoriséesà avoir des peignes,
de miroirs, de photos, de lettres, de radios, ou de T.V.; il est interdit
de parler de politique ou d'actualité; elles n'ont pas le droit
de lire, d'écrire, de fumer..." rapporta un membre de la Croix
Rouge qui visita la prison.
Ce ne sont que quelques exemples
des conditions de détention dans les prisons péruviennes,
à Cajamarca, Huancayo, Huancavelica...
Solidarité.

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